Reus, la ville natale d’Antoni Gaudí, conserve encore aujourd’hui certains endroits que le génie fréquenta durant les seize années où il y vécut avant de partir pour Barcelone et d’autres lieux en rapport avec sa vie. Si vous souhaitez partir à la découverte de ces espaces, nous vous suggérons de suivre l’empreinte de Gaudí à Reus.

Carrer de Sant Vicenç, 4
C’est dans cette maison que naquit l’architecte Antoni Gaudí le 25 juin 1852 et qu’il y vécut pendant toute son enfance et sa jeunesse. C’est ici que se trouvait la chaudronnerie de son grand-père maternel. La maison natale d’Antoni Gaudí est privée et ne peut pas être visitée. Près de la maison, à la confluence des rues Santa Anna et Amargura, se trouve la sculpture « Gaudí enfant », œuvre d’Artur Aldomà réalisée en 2002, laquelle représente l’architecte enfant en train de jouer. Cette sculpture est un hommage que la ville de Reus a voulu rendre à son célèbre architecte.

Plaça de Sant Pere, s/n
Le 26 juin 1852, Antoni Gaudí fut baptisé dans cette église édifiée au XVIe siècle. Conformément aux inscriptions qui figurent dans le Livre des Baptêmes de la prieurale, l’architecte reçut les noms d’Anton, Placido et Guillem, et était né la veille à neuf heures et demie du matin. C’est dans cette même église qu’Antoni Gaudí reçut la confirmation l’année suivante, le 10 septembre 1853, comme en témoigne le Livre des Confirmations de cette année-là.
Le clocher constitue un des éléments les plus emblématiques de l’église prieurale Saint-Pierre, que Gaudí qualifie de modèle de clocher car il combine l’utilisation religieuse à l’usage civil, en tant que point de surveillance. Outre cette mention faite au clocher, Gaudí s’est inspiré de la conception des escaliers intérieurs de l’église, des escaliers hélicoïdaux à cage ouverte, qu’il recréa dans les escaliers d’accès aux clochers de la Sagrada Família, tel que le souligne l’architecte César Martinell dans la monographie qu’il écrivit sur l’architecte.
L’entrée à l’église prieurale Saint-Pierre est libre.

Carrer de Misericòrdia, 12
En 1863, Antoni Gaudí commença ses études secondaires au collège Escoles Pies de Reus, où il resterait jusqu’en 1868, année où il part pour Barcelone pour commencer ses études d’architecture. Le collège Escoles Pies se trouvait dans l’ancien couvent Saint-François, édifice qui abrite actuellement l’Institut d’enseignement secondaire Salvador Vilaseca.
Parmi les compagnons qui résidèrent avec l’architecte dans ce centre, figurait Eduard Toda, l’illustre érudit de Reus qui mènerait à terme la reconstruction du château Escornalbou et du Monastère de Pedralbes, ainsi que Josep Ribera, qui suivrait des études de médecine et deviendrait professeur titulaire de la chaire de pathologie et de pratique chirurgicale. Entre 1867 et 1868 les trois amis, Gaudí, Toda et Ribera, se lancèrent dans l’édition d’une revue manuscrite, El Arlequín, pour laquelle le jeune Gaudí se chargea de réaliser quelques dessins qui constitueront les premiers témoignages conservés de son génie créatif.

Plaça del Santuari de Misericòrdia, s/n
Un autre élément qui liait Gaudí à la ville de Reus était la dévotion qu’il portait à la Vierge de la Miséricorde, patronne de la ville, tel que le démontre le fait qu’il participa à plusieurs reprises aux pèlerinages qui étaient organisés au Sanctuaire. Parmi ces derniers, il convient de citer sa participation au pèlerinage de l’an 1900 qui eut une signification toute particulière. Pour cette occasion, Gaudí conçut l’étendard que porta le groupe de pèlerins de Reus résidant à Barcelone, et qui fut brûlé pendant la Guerre Civile en 1936. Cet étendard était décoré d’une peinture réalisée par l’artiste Aleix Clapés, avec une représentation de la Vierge de la Miséricorde et un portrait de la bergère qui vit l’apparition, Isabel Basora.
En 1903, le Comité d’Administration du Sanctuaire de la Miséricorde chargeait Antoni Gaudí de la réalisation d’un projet important au sein de la ville : la restauration de la façade du Sanctuaire de la Miséricorde, qui aurait pu être la grande œuvre de l’architecte dans sa ville natale. Mais en raison de diverses circonstances, le projet de Gaudí ne fut pas mené à terme et, finalement, la façade fut rénovée par l’architecte municipal Pere Caselles, lequel avait déjà travaillé avec Lluís Domènech i Montaner dans la réalisation de l’Institut Pere Mata. Par ailleurs, Caselles est l’auteur d’un grand nombre d’édifices de style moderniste de notre ville.
Bien que le sanctuaire de la Miséricorde n’a finalement pas reçu la contribution de Gaudí, nous vous recommandons néanmoins d’en visiter l’intérieur, ouvert au public tous les jours de 9h00 à 21h00.